Résolis et CRÉSUS organisent une grande rencontre autour de l'accompagnement budgétaire et la prévention du surendettement

En partenariat avec l'association RESOLIS et les étudiants SciencesPo, CRÉSUS a organisé le 13 avril 2016 une grande rencontre sur le thème de l'accompagnement budgétaire et la prévention coordonnée du surendettement.

Etaient présents entre autres l'Université Paris-Est Marne-la-ValléeSociété Générale & VousLa Banque PostalePIMMS de ParisInter mutuelles assistanceBanque Cic,Crédit Municipal de ParisUnccasLa finance pour tousBanque de FranceAFPADDeboutCrédit AgricoleFondation Agir Contre l'ExclusionDilemme, Finances et pédagogie ADSEA77, ASF, Procilia,ANSA, le CCAS de Grand Puis Bailly Carrois...

Découvrez la vidéo :

 

Crésus agréé éducation nationale

L’association pour la Fondation CRESUS a obtenu l’agrément national en application des articles D. 551-1 et suivants du Code de l’éducation.

Cet agrément du ministère chargé de l'éducation nationale atteste de la qualité des services proposés par notre association.

Le courrier adressé par Madame la Ministre Najat VALLAUD-BELKACEM à notre Président Jean-Louis KIEHL :

 

Jean-Louis KIEHL dans l'émission "La quotidienne"

CRÉDITS À LA CONSOMMATION : COMMENT CHOISIR ?

Retrouver le débat sur les crédits à la consommation avec Jean-Louis KIEHL dans l'émission "La quotidienne" sur France 5 diffusé jeudi 11 février 2016

L’an dernier et pour la première fois depuis près de 10 ans le nombre de crédits à la consommation a légèrement augmenté en France. 26% des foyers ont souscrit à ces types de prêts. Les taux d'intérêts pour ces prêts peuvent changer du tout au tout selon l'établissement qui vous le propose. Alors comment bien choisir son crédit à la consommation ? Et surtout comment éviter le piège du surendettement ? 

CLIQUER POUR VISUALISER LA VIDÉO.

Nickel, le compte low cost qui secoue les banques

Créé fin 2013 par une start-up, la Financière des paiements électroniques, le Compte-Nickel a déjà séduit plus de 200.000 clients. Le principe de ce compte « sans banque » ? Il suffit de 20 euros et d’une pièce d’identité pour obtenir sa carte de paiement chez l’un des 1.150 buralistes agréés. Un service qui fait mouche auprès des personnes au bord de l’exclusion bancaire.

Arvind est Indien. Il a quarante ans, une femme, deux enfants nés en France. A Paris depuis douze ans, titulaire d’une carte de séjour résident, il habite à Sarcelles, dans la banlieue nord de la capitale, et travaille dans la restauration. Arvind a un gros problème. Sa banque l’a rangé dans la catégorie des mauvais clients car il a émis des chèques sans provision. Il est interdit de carte de crédit et ne peut retirer de l’argent de son compte courant qu’en se rendant dans son agence bancaire.

Arnaud vient de Bretagne. Il languit à Paris depuis cinq ans, après une séparation tumultueuse et la perte de son emploi dans un abattoir. La cinquantaine, il vit d’expédients et loge chez des compagnons d’infortune. Sans travail stable ni domicile fixe, aucune chance qu’une banque lui ouvre ses portes. Alors Arnaud se débrouille comme il peut : il tond la pelouse dans les villas, est employé par une petite entreprise de déménagement et fait la manche. Jamais de fiches de paie, que de l’argent comptant.

Marion, quarante-cinq ans, mariée avec un fils de 16 ans, encadre des travailleurs handicapés à Paris. Son salaire est modeste mais elle n’a jamais eu le moindre incident bancaire. Elle gère bien son argent. Les relations avec sa banque sont excellentes, même si elle se plaint de payer sa carte de crédit plus de 100 euros par an. Matthieu, son fils, lui demande avec insistance d’avoir un moyen électronique de paiement. Marion hésite car elle craint qu’il dépense trop sur Internet. Elle veut contrôler ses achats au plus près et en temps réel. Or, les informations sur les transactions effectuées par carte bancaire ne parviennent aux usagers que plusieurs heures plus tard…

Aucun découvert

C’est pour des personnes comme elles qu’a été créé, fin 2013, le Compte-Nickel . Un compte « sans banque », proposé par une start-up, la Financière des paiements électroniques (FPE). Et qui semble avoir trouvé son public : en deux ans, ce service mis sur pied par Ryad Boulanouar, Hugues Le Bret, Michel Calmo, Pierre de Perthuis et Philippe Ramalingom a déjà séduit plus de 200.000 clients .

Le principe de ce compte alternatif ? On l’ouvre en un quart d’heure chez l’un des 1.150 buralistes agréés (ils seront 2.500 fin 2016, selon leur syndicat). Il suffit de 20 euros et d’une pièce d’identité pour obtenir sa carte de paiement, qui sera activée dans la foulée. Tout retrait ou paiement est immédiatement communiqué à son détenteur par SMS. Les opérations au comptant, y compris les retraits aux distributeurs de billets, se font à des tarifs planchers. La carte en question peut être utilisée à l’étranger, dans plus de 215 pays. Seul bémol, elle ne permet aucun découvert et les paiements ne peuvent en aucun cas dépasser les sommes déposées sur le compte. Un bémol que plusieurs clients considèrent comme un atout, à l’instar de Marion, qui redoute des dépenses excessives de son fils.

 

Président de l’association Cresus, une structure qui se charge d’accueillir et d’accompagner les personnes surendettées, Jean-Louis Kiehl voit pour cette même raison le Compte-Nickel comme un instrument de « pédagogie budgétaire ». Mais à ses yeux, ce n’est pas là son seul avantage : s’il séduit, c’est aussi qu’il permet d’échapper à une « démarche stigmatisante ». « On a peur de son banquier » et de son jugement, explique-t-il. La plupart des Français exclus du système bancaire vivent leur condition « comme une honte ».

Combien sont-ils dans ce cas ? Un Français sur cinq est susceptible de se retrouver aujourd’hui en situation de fragilité financière. Les classes moyennes ne sont plus épargnées. Chaque année, la Banque de France enregistre 220.000 dossiers de surendettement. Un million de ménages suivent actuellement un parcours de désendettement, détaille Jean-Louis Kiehl.

Le Compte-Nickel s’adresse en priorité à cette clientèle négligée par les banques. Quelque 70% des détenteurs de cette carte de paiement disent l’avoir adoptée « pour faire une économie » et gagnent moins de 1.500 euros par mois. Les 30% restants l’ont acquise pour un usage spécifique : faire des achats sur Internet ou l’utiliser à l’étranger, affirme l’un des cofondateurs de la FPE, Hugues Le Bret, ancien directeur de la communication de la Société Générale et PDG de Boursorama.

La dernière enquête commanditée par la société fait ressortir un taux de satisfaction des clients de Compte-Nickel de 97 %. Un record à faire pâlir les banques : selon le sondage 2015 d’OpinionWay pour auCoffre. com, seul un tiers des Français font confiance au système bancaire et 59 % à leur propre banque. « La crise de 2008 et ses répliques sont déjà lointaines. Pourtant, les Français sont plus que jamais méfiants vis-à-vis du système bancaire. Jusqu’à présent, les clients choisissaient une banque et lui restaient fidèles tout au long de leur vie. Cette fidélité appartient au passé », analyse Jean-François Faure, PDG d’auCoffre. com, une société qui propose des placements alternatifs en or physique.

Accompagnement des clients

Si une forme de défiance s’observe à l’égard du système bancaire, elle n’explique pas à elle seule le succès du « compte sans banque ». Ses concepteurs ont surtout fait mouche en nouant d’emblée un partenariat stratégique avec la Confédération des buralistes de France (CBF). Laquelle est même devenue actionnaire (à hauteur de 6,3 %) de la FPE. Une alliance gagnant-gagnant entre le Compte-Nickel et le premier réseau de commerces de proximité de l’Hexagone.

Chaque jour, 10 millions de clients poussent la porte d’un des 27.500 bureaux de tabac. Le service bancaire proposé par la FPE ne pouvait pas mieux tomber pour une profession fragilisée par l’introduction de nouvelles taxes sur le tabac en 2003-2004 et l’interdiction de fumer dans les lieux publics en 2008. Faute de revenus de substitution, un millier de buralistes ferment leurs portes chaque année. « Avant 2003, environ 60 % de notre chiffre d’affaires venait du tabac. Aujourd’hui, il assure 40 à 45 % de nos ventes. Les promesses d’aide régulièrement renouvelées par les gouvernements successifs ne se sont jamais matérialisées », déplore Michel Guiffès, trésorier général de la Confédération, qui est lui-même buraliste à Lorient et… ancien directeur d’agence bancaire.

Pour les quelque 1.200 buralistes ayant obtenu l’agrément de la Banque de France, la commercialisation du Compte-Nickel constitue donc une bouffée d’oxygène bienvenue. Ils seront bientôt beaucoup plus nombreux : à ce jour, 1.600 autres gérants de bureaux de tabac attendent l’autorisation pour leur emboîter le pas.

Les vétérans, comme le Tabac de la rue du Faubourg-Saint-Martin, à Paris, parviennent déjà à tirer de 10 à 15 % de leur rémunération du Compte-Nickel. A lui seul, Marc Seguin, buraliste depuis vingt ans, a ouvert dans son établissement plus de 5.000 comptes, au rythme de 200 par mois. « On voit des cas difficiles, reconnaît-il, mais je suis content de retrouver un statut social positif. »

Il n’est pas rare qu’il accompagne de bout en bout l’inscription des clients. Tout se fait par informatique, sur une borne. Et ses clients ne sont pas tous familiarisés avec les nouvelles technologies… « Au total, j’y passe deux heures par jour. Je dois avancer à la FPE l’argent qui est déposé par les clients. C’est l’impératif du temps réel. J’utilise la trésorerie générée par la vente de tabac, payable aux fournisseurs sous quinze jours, pour alimenter mon compte Pro chez Compte-Nickel. Je leur sers de banque en quelque sorte… Mais je ne regrette pas. Sans cette activité nouvelle, j’aurais déjà fermé », confie-t-il.

En attendant, le rythme de croissance des Comptes-Nickel s’accélère : il frôle désormais les 20.000 nouveaux comptes par mois. Le bouche-à-oreille fonctionne à plein régime, surtout en province, où les débits de tabac restent « un lieu de convivialité incontournable », témoigne Michel Guiffès. Et ce en dépit du tir de barrage des banques, guère enthousiasmées, on l’imagine, par l’apparition de ce nouvel acteur. La FPE a également dû s’accommoder du regard sourcilleux du Trésor et de la Banque de France, lutte contre le blanchiment d’argent oblige. « Lors de l’apparition de Compte-Nickel, nous nous sommes inquiétés car tout le monde interagit dans notre univers. Nous ne voulions pas de maillon faible », reconnaît un acteur du secteur bancaire.

Le Trésor, de son côté, dit suivre de près ce nouvel instrument de paiement et salue le rattachement de Compte-Nickel et des cartes prépayées au Fichier national des comptes bancaires (FICOBA) depuis janvier 2016. Ce qui ajoutera de la transparence à ces nouveaux instruments. Quant à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le gendarme du système financier adossé à la Banque de France, elle a exigé que la FPE relève de 1 à 7 millions le niveau de ses fonds propres avant d’autoriser le lancement du Compte-Nickel. L’examen du dossier de 4.700 pages a pris un an et demi… Aujourd’hui encore, elle travaille étroitement avec l’équipe de contrôle interne de la FPE pour dénicher les abus ou les fausses déclarations. Cette dernière lui transmet chaque trimestre un rapport détaillé sur ses activités. « Leur dispositif de contrôle interne est suffisant et leur structure se montre coopérative », constate une source proche de l’Autorité.

La suite de l’histoire ? Elle s’écrira sans doute à l’étranger, où les fondateurs du Compte-Nickel songent à se développer. Elle pourrait passer aussi par le déploiement de nouveaux services, à destination des très petites entreprises, ou à travers de nouveaux partenariats, dans le crédit immobilier par exemple… Sans pour autant devenir une banque.


L'article complet paru dans les Echos.fr

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BNP Paribas développe l’éducation financière pour ses clients avec des ateliers sur la gestion budgétaire

 atelier jeu dilemme BNP

Le 3 février 2016, la Banque organise dans près de 80 agences en France, une journée d’ateliers sur la gestion du budget autour d’un jeu développé par son partenaire associatif CRESUS.

 

Dans un environnement mouvant avec des parcours de vie moins linéaires (chômage, séparation…), de plus en plus de ménages peuvent être confrontés à des situations budgétaires compliquées. Quel que soit le niveau de revenu, gérer le budget personnel ou celui de la famille nécessite de faire des choix avisés. Dans le cadre de son programme d’éducation financière « Connect&change, les ateliers d’un monde qui change », BNP Paribas organise le mercredi 3 février dans près de 80 agences en France des ateliers sur le thème « Dépenser/épargner, un dilemme quotidien ». Petits et grands (dès 12 ans) sont invités à venir jouer en famille au jeu éducatif « Dilemme® » développé par CRESUS pour y découvrir les bonnes pratiques de la gestion du budget. 120 collaborateurs ont été formés à l’animation de ce jeu par les experts de l’association.
 

Raphaèle Leroy, Responsable des Relations avec les Consommateurs et RSE de la Banque de Détail en France de BNP Paribas, explique la démarche : « L’étude réalisée par la Banque de France en 2014 sur les parcours susceptibles de mener au surendettement souligne l’importance de l’éducation budgétaire. Il est de notre responsabilité de développer cet apprentissage. Le jeu Dilemme® au sein des agences est un moment d’échanges et de convivialité qui permet d’apprendre de manière ludique et en famille la gestion d’un budget. En sensibilisant clients et prospects, ces ateliers doivent contribuer à rendre les citoyens autonomes et capables de prendre les bonnes décisions pour leurs finances ».
 

L’organisation de cette journée d’ateliers sur la gestion du budget s’inscrit dans la continuité du partenariat qui unit BNP Paribas et CRESUS depuis 2014. La banque et l’association, qui partagent les mêmes objectifs de prévention et de lutte contre le surendettement, ont signé une convention de coopération, pour être encore plus efficace face aux situations les plus complexes et proposer un accompagnement global dépassant parfois la seule dimension bancaire. Cela complète le dispositif d’accompagnement des clients fragiles mis en place par BNP Paribas avec notamment 7 centres spécialisés en solutions budgétaires et 340 conseillers experts qui prennent en charge, partout en France, les ménages les plus fragiles.

 

Pour découvrir la liste des agences organisant un atelier sur la gestion du budget :

https://maps.bnpparibasfortis.com/ateliers-budget/

Suivre sur twitter : @BNPParibas_pr


A propos de CRESUS

L’association CRESUS a été créée en Alsace en 1992. Aujourd’hui, le réseau compte 25 associations dans toute la France. A travers son programme d’éducation budgétaire « Dilemme », CRESUS s’est donné pour mission de former et sensibiliser tous les publics de manière ludique :

  • aux questions liées à la gestion budgétaire,
  • aux avantages et aux risques des différents moyens de paiement,
  • au fonctionnement des banques et des assurances, du crédit et de l’épargne, dans une logique d’échanges, d’inclusion et de responsabilisation individuelle et collective


Pour en savoir plus sur le réseau CRESUS : www.cresusalsace.org
Pour en savoir plus sur le programme Dilemme : www.dilemme.org

A propos de la Banque de Détail en France de BNP Paribas

En France, le pôle Banque de Détail compte plus de 28 000 collaborateurs au service de 6.9 millions de clients particuliers, 560 000 clients professionnels et très petites entreprises (TPE), 31 000 entreprises (PME, entreprises de taille intermédiaire (ETI), grandes entreprises) et 73 000 associations. Il est leader sur le marché des Entreprises et de la Banque Privée. Organisé autour de lignes de clientèles spécialisées pour apporter le meilleur accompagnement, il offre une large gamme de produits et services, de la tenue de compte courant jusqu'aux montages les plus experts en matière de financement des entreprises ou de gestion de patrimoine.

Les équipes de la Banque de Détail sont fortement engagées au service de l'économie et de toutes les clientèles qu'elles accueillent au sein de plus de 2 000 agences et dans les 300 pôles d'expertises : Banque Privée, Maisons des Entrepreneurs, Pôles innovation et Centres d'Affaires Entreprises. La Banque de Détail assure également une large présence sur les réseaux sociaux via notamment Facebook, Twitter et Foursquare. Investissant en permanence dans l'innovation et la qualité de service, BNP Paribas a lancé en mai 2013 la première banque digitale nativement conçue pour utilisation sur mobiles : Hello bank!.

Cette nouvelle offre de relation clients est venue compléter le dispositif de Banque en ligne (Centres de contacts, Internet, Mobile, Net Agence, Net Crédit et Net Epargne) et les 6 000 automates mis à disposition de ses clients particuliers et professionnels.

Contacts Presse

Loubna Sebti - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 01 40 14 66 28

Marion Saraf - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 01 57 43 88 63

 

Combattre le mal de dettes

jlk combattre lemaldedettes

Le surendettement touche des centaines de milliers de foyers français, y compris dans les classes moyennes. Le secteur social et hospitalier en souffre aussi et défend une approche de prévention et d’écoute.

Avec son ton rocailleux, ses formules percutantes et son regard clair, Jean-Louis Kiehl crève l’écran dans le film documentaire « Ma vie à crédit », réalisé par Aurélien Chalon à la demande de la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH). «En France, un dossier de surendettement est déposé toutes les deux minutes !», s’alarme Jean-Louis Kiehl. «Nous savons tous que le surendettement est une violence. Aujourd’hui, ce sont aussi les classes moyennes supérieures qui plongent.» Le président alsacien de la Fédération des Chambres régionales de surendettement social (Crésus) ne mâche pas ses mots.

« Les gens parviennent de moins en moins à faire face aux charges du quotidien. Souvent, quand ils viennent nous voir, ils ont déjà lutté… beaucoup lutté »
 

Ce mouvement né à Strasbourg de l’initiative de cadres bancaires inquiets des dérives de la distribution de crédits aux particuliers aide les ménages à se sortir de la spirale destructrice de l’emprunt. Cette « vie à crédit » qui conduit certains à finir par emprunter simplement pour manger. Le surendettement, au sens des commissions gérées par la Banque de France, a frappé plus de 205 000 personnes en 2014 en France (lire ci-dessous). Mais la vie à crédit et ses souffrances frappent évidemment un nombre plus important de foyers.

Émouvant par la qualité de ses témoignages, recueillis pour partie en Alsace, le film documentaire sert de base à la campagne de prévention que mènent la MNH et le CGOS, le Comité de gestion des œuvres sociales des établissements hospitaliers. Il a été projeté il y a quelques jours dans la salle des fêtes de l’hôpital civil de Strasbourg.

Cette démarche de prévention ne date pas d’hier et la MNH faisait, auparavant, témoigner en direct des personnes surendettées. Le film a le mérite de recréer une distance et d’éviter d’ajouter du malaise à la souffrance. Car il est bien difficile, et certains témoins pleurent devant la caméra, d’évoquer en public ces impasses financières, qu’elles soient le fruit de la légèreté, de l’ignorance, de la naïveté. Ou des accidents de la vie, maladie, séparation ou perte d’emploi qui jouent un rôle important dans le surendettement.

«On est troublé par le niveau d’endettement de certaines familles, combiné avec des accidents de la vie. Il faut trouver un moyen pour limiter le recours à l’endettement et faire davantage jouer la solidarité», commente Joseph Sladek, président du CGOS Alsace-Moselle et directeur des ressources humaines de l’hôpital de Haguenau.

«Les gens parviennent de moins en moins à faire face aux charges du quotidien. Souvent, quand ils viennent nous voir, ils ont déjà lutté, beaucoup lutté. Il faut valoriser ce que ces personnes ont pu faire, de sorte qu’elles repartent de l’entretien avec un peu d’espoir», fait observer avec une certaine humilité Christelle Le Corvic, assistante sociale aux hôpitaux universitaires de Strasbourg. Sa collègue Claudine Mahon, qui travaille à l’hôpital de Strasbourg-Hautepierre, le confirme : «Souvent le reste à vivre est très faible, et les gens sont véritablement acculés lorsqu’ils viennent nous voir, quand ils n’ont plus de moyens pour s’en sortir.»

Pour Médéric Monestier, directeur général de la Banque française mutualiste (BFM), qui compte 1,2 million de fonctionnaires et ayant droit clients, la priorité est de défendre des valeurs et d’assurer une certaine prévention : « Notre banque a été créée il y a trente ans par plusieurs dizaines de mutuelles de fonctionnaires dans un esprit de protection qui n’est pas forcément celui qui prévaut dans les autres réseaux bancaires. La BFM ne fait pas de crédits renouvelables. Nous essayons d’apporter des solutions différentes. » Mais il est également lucide : «Emprunter n’est pas une mauvaise chose en soi et les frais bancaires sont nécessaires.»

Jean-Louis Kiehl, qui connaît le milieu bancaire mieux que le fond de ses poches, juge inutile de mettre en cause la banque d’une façon générale, même si certains comportements sont condamnables : «La banque prête parfois de façon aveugle, pratique le scoring en rangeant les clients dans des cases comme des petits cochons», dit-il avec humour.

« Cela fait vingt-cinq ans qu’on attend un fichier des crédits. Il ne faut pas taper sur les banquiers, ça ne sert à rien… On est tous responsables et en premier, l’État »

Le président de Crésus estime qu’il faut analyser le problème du surendettement en termes de co-responsabilité. Il juge d’ailleurs que cette notion de partage des responsabilités est un état d’esprit ancien en Alsace. Mais il enrage de voir que la France est incapable de mettre sur pied un « registre des crédits » comme il en existe en Allemagne depuis 1927, selon lui.

Écarté par le législateur, un tel fichier permettrait aux établissements prêteurs de ne pas se fier aux seules déclarations des candidats emprunteurs pour juger de leur niveau d’exposition à la dette.

Car tous les professionnels le savent, au-delà d’un certain ratio d’endettement par rapport au revenu, il est déraisonnable d’emprunter davantage. Or certains surendettés n’ont aucune connaissance du nombre et du montant de leurs dettes. Le crédit renouvelable, en particulier, fait des ravages par son côté invisible et ses taux exorbitants.

« Cela fait vingt-cinq ans qu’on attend un fichier des crédits. Il ne faut pas taper sur les banquiers… On est tous responsables et le premier responsable est l’État », dit Jean-Louis Kiehl. Jugement sévère d’un homme visiblement pas encore fatigué de plaider.

 

Article paru le 01/02/2016 dans les DNA, rédigé par ANTOINE LATHAM

 

Les ménages s’endettent moins

 

La Banque de France a traité, l’an dernier, 2 324 dossiers de surendettement dans le Haut-Rhin (-12,6 %) et 2 741 dossiers dans le Bas-Rhin (-9,8 %), ce qui représente, avec 11,16 % en Alsace, une baisse qualifiée d’« historique ».

 

Philippe Gabarra, directeur régional de la Banque de France, et Nelly David, responsable du service des particuliers, notent une baisse historique de 11,16 % des dossiers de surendettement en Alsace, en 2015.

« Nous avons enregistré une baisse significative, qu’on peut qualifier d’historique, du nombre de dossiers de surendettement dans notre région : elle est quasiment deux fois plus forte (-11,16 %, soit 5 065 dossiers) que pour la France entière (-5,92 %) », relève Philippe Gabarra, le directeur régional de la Banque de France. « La baisse est plus forte dans le Haut-Rhin (2 324 dossiers, soit une chute de 12,6 %) que dans le Bas-Rhin (2 741 dossiers, -9,8 %) », ajoute-t-il.


38 540 euros de dettes en moyenne
Pour lui, la principale raison vient de la loi Lagarde, votée en 2010, qui porte pleinement ses fruits : « Ces dispositions permettent d’encadrer le crédit à la consommation. Les établissements bancaires sont également plus vigilants. » L’autre raison provient « des solutions pérennes retenues par les commissions de surendettement ».

Ces solutions ont été appliquées à 80 % des dossiers et consistent, entre autres, en des solutions amiables conclues entre les créanciers et les débiteurs (10 %), ou en l’effacement des dettes, lorsque le débiteur n’est pas en mesure de rembourser. Sinon, la commission peut proposer un moratoire jusqu’à deux ans quand la situation financière du débiteur est en mesure de s’améliorer par un retour à l’emploi, par exemple.
Néanmoins, et c’est une ombre au tableau, « le montant moyen de l’endettement a augmenté sensiblement pour passer à 40 253 € (+4,7 %) au niveau national et à 38 560 € dans le Bas-Rhin, un peu moins dans le Haut-Rhin. Cela est dû à l’augmentation de la part des dettes immobilières – qui sont d’un montant plus important -, qui représentent plus de 30 % dans le Bas-Rhin contre moins de 25 % l’an dernier », détaille-t-il.


« La solitude reste le premier facteur de paupérisation puisque les personnes seules représentent 63 % des dossiers. On enregistre également une hausse depuis quelques années des plus de 55 ans et des retraités. Ces derniers se retrouvent fragilisés financièrement à la perte d’un conjoint », indique Nelly David, responsable du service des particuliers à la Banque de France. Les accidents de la vie (maladie, divorce, décès d’un conjoint, chômage…) peuvent vite faire plonger dans le surendettement.

« Il pourrait y avoir moins de dossiers de surendettement si on arrivait à détecter les situations difficiles plus en amont. Mais les endettés craignent, en faisant part de leurs problèmes, de se voir priver de leurs moyens de paiement par les banques, alors qu’on pourrait demander un délai de grâce à l’amiable ou négocié en justice », regrette Régis Halter, directeur opérationnel de Crésus (Chambre régionale du surendettement social) Alsace.


De plus en plus d’hommes
Cette structure apporte son soutien aux personnes en situation de surendettement, mais aussi dans des opérations de microcrédit, dans l’accompagnement budgétaire… « Les hommes surendettés sont de plus en plus nombreux (60 % contre 55 % ces dernières années), avec des revenus moyens par dossier de surendettement de 2 040 € contre 2 200 € l’an dernier », poursuit-il.

Crésus note aussi que, chez les retraités et les salariés, les plans de remboursement des dettes – pouvant aller jusqu’à huit ans, sept ans à partir de juillet prochain - sont mis en place dans 43 % des cas, contre 26 % chez les chômeurs.
Les effacements de dettes sont plus importants (13 %) chez ces derniers contre 12 % chez les chômeurs et 3 % seulement chez les salariés.

 

Article paru dans le journal « L’ALSACE » du 19 janvier 2016

 

Le plan anti-surendettement du gouvernement sur sa rampe de lancement

 

Les associations chargées de tester les «Points Conseil Budget» viennent d’être pré-sélectionnées. Une expérimentation doit débuter début février dans quatre régions françaises.


Il s’agit d’une des pierres angulaires du plan de lutte contre la pauvreté, programme pluriannuel dont la nouvelle feuille de route a été présentée en mars 2015. Tout au long de l'année 2016 un réseau de «Points Conseils Budget» (PCB), points d’accueil visant à prévenir le surendettement ou à aider les ménages à en sortir, va être déployé en Ile-de-France et dans les nouvelles régions Nord-Pas-de-Calais Picardie, Alsace-Lorraine-Champagne Ardennes et Midi-Pyrénées Languedoc Roussillon.


Si l’expérimentation doit être officiellement lancée début février, dès jeudi dernier une liste d’associations chargées de la mettre en œuvre a été proposée aux trois ministères concernés (Economie, Lutte contre l’exclusion, ainsi qu’Economie sociale et solidaire), a fait savoir le Secrétariat d’Etat en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion. «Il reste encore un mois pour intégrer un grand acteur qui nous aurait éventuellement échappé», souligne-t-on au Secrétariat d’Etat qui veut le dispositif le plus ouvert possible.


Un appel à candidature avait été lancé en octobre 2015 en vue de tester le mécanisme. Ces travaux avaient accéléré courant 2014, à la suite de la censure par le Conseil Constitutionnel du «fichier positif». Serpent de mer, ce projet de registre des crédits souscrits par les particuliers était considéré par ses partisans comme un outil efficace contre le surendettement, mais à l’efficacité difficile à démontrer pour ses opposants. En comparaison, le développement d’une politique publique en la matière, au travers des PCB, est bien plus consensuel.


Vers un label
Concrètement, le dispositif se découpe en deux niveaux : le premier (dit «PCB 1») regroupe les structures en contact direct avec les ménages fragiles venant solliciter un conseil ou dont la situation budgétaire se dégrade. On y retrouve par exemple des centres communaux d’action sociale (CCAS), des associations familiales (UDAF) ou encore la Fondation Agir contre l’Exclusion (FACE). Le second niveau («PCB2») s’adresse, lui, à des acteurs - comme la fondation Crésus ou le Crédit Municipal de Paris (tous deux également présents en PCB 1) - chargés d’analyser les dossiers les plus complexes et de contacter directement les créanciers (banquiers, opérateurs téléphoniques...).


Dans l’esprit de ses concepteurs, l’expérience est le prélude a un développement progressif des PCB sur l’ensemble du territoire. A terme, l’idée est que malgré le grand nombre d’acteurs impliqués dans l'accueil des ménages surendettés, les «Points Conseil Budget» deviennent une sorte de label avec une identité et une fonctionnement commun

 

Article internet paru dans « Les Echos » du 16 01 2016 - (édition journal du 18 1 2016). 
Ecrit par Edouard Lederer

 

Colère : un couple de retraités se suicide après avoir été expulsé de sa maison

Trois mois après le drame familial d'Haubourdin,

Un couple de 73 et 69 ans a mis fin à ses jours le 30 décembre dernier à Uchacq-et-Parentis dans les Landes. Les septuagénaires se sont suicidés alors que leur maison venait d'être vendue aux enchères. Ils avaient caché leur surendettement à tout le monde, y compris à leurs enfants.

 
La nouvelle a mis ce village d'un peu plus de 550 habitants sous le choc. C'est le fils des nouveaux propriétaires de la maison (vendue quelques jours plus tôt aux enchères) qui a découvert les corps de ce couple de 73 et 69 ans le 30 décembre dernier vers 12h. Il avait déjà commencé à entreposer ses affaires dans la grange mais ce jour-là, il devait prendre possession de la maison. Il a remarqué que la porte d'entrée était ouverte. Il est entré et a vu les deux corps.

Un couple bien inséré dans la commune

Cet homme de 73 ans et son épouse de 69 ans étaient très bien insérés dans la commune. Elle était bénévole aux Restos du cœur, il était un membre actif de l'association des Paralysés de France pour laquelle il avait longtemps occupé le poste de responsable départemental. Son épouse, avec qui il s'était remarié plusieurs années auparavant, était une directrice d'école à la retraite. Le couple vivait depuis 8 ans à Uchacq-et-Parentis. Tous les ans, il participait au dîner des anciens. Toutes les semaines, l'épouse participait à la randonnée des retraités du village. Elle avait trois filles, il avait un fils mais personne dans leur famille ou dans le village ne savait qu'ils étaient endettés au point de se faire expulser de leur maison et de mettre fin à leurs jours dans la foulée.

Une dette de 71 000 euros

Leurs enfants ont découvert leur dette en même temps qu'ils ont appris leur suicide. Ils avaient laissé une lettre à leurs proches mais beaucoup de questions demeurent et notamment le pourquoi de cette dette de 71 000 euros contracté auprès d'une banque. C'est d'ailleurs l'établissement bancaire, le créancier, qui a mis en vente la maison. Les enfants réclament aujourd'hui une autopsie même si le suicide ne fait aucun doute, confirmée par les analyses toxicologiques. Ils veulent comprendre pourquoi leurs parents sont morts sans avoir jamais parlé de leurs difficultés.
Pour mettre fin à ses jours, le couple a avalé une dose mortelle de médicaments avant de se trancher les veines.
 

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